cloud
tu sens
mercredi 28/07/2010 22:52
Tu sens la vieille maison qui craque encore. Tu sens l'ortie au pied du mur qui pique la jambe d'un enfant. Tu sens la bouche coupée au coin de la lèvre supèrieure, par une morsure d'amour (une morsure d'amour!). Tu sens l'ouragan, juste après le calme. Tu sens le vent qui m'a rendu fou maintes fois dans les rues de Paris. Tu sens la tête qui finit par se lever de son lit d'oubli, un après-midi sans rien, ni personne, par se lever quand même, parce qu'il le faut. Tu sens le bleu qu'on met sur les yeux des femmes qu'on voudrait aimer un peu - au moins. Tu sens le sexe d'une prostituée qui permet à un jeune homme de baiser sans honte. Tu sens la couleur d'une vraie danse sacrée / Tu sens le vin de cette terre évanté sous le ciel. Tu sens le désert de l'âme surpris par un oasis. Tu sens l'amour, celui qui nous délivre, non celui qui nous bande les yeux. Tu sens les artères d'une circulation nocturne pleine de collisions et d'alcools inconnus. Tu sens le feu qui ne passe au rouge que pour mieux brûler. Tu sens le point-virgule d'Alexis de Hamilton ; penché et conquérant, par bonds, le Verbe par le verbe. Tu sens un vers de Verlaine que je connais par coeur comme une litanie et qui me convaincra un jour (mais lequel?). Tu sens bon. Tu sens jusqu'à une époque plus lointaine et plus proche que tous ce que les hommes peuvent bien s'imaginer.
Tu sens la flaque d'eau, et les jeux qui la font tinter.
| tu sens cloud, mercredi 28/07/2010 22:52 |
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